mercredi 25 février 2015

Variations en K mineur




Autos tamponneuses
si  la vie est la kermesse
pour qui le gros lot

Mini paysage
si on le secoue c'est kitsch
tempête de neige

Les flocons de neige
tourbillonnent tout brillants
sous leur globe kitsch

Kitsch ou fantastique
dans un tremblement de main
oh la boule à neige

vendredi 20 février 2015

Proverbes , maximes et autres fariboles



L'amalgame est père de tous les vices

Un petit bravo vaut mieux que deux grandes olàs

Il faut cibler devant sa porte

Il n'y a pas de petits grigris/ Tel grigri  vendredi , dimanche exorcisera

Chassez l'esquimau, il devient Inuit

Kermesse qui chamboule ramasse les mabouls

le kitsch est l'ennemi du beau

Il faut soigner sa zénitude dans le triangle des Bermudes

Il ne faut pas dire :"sérendipité, je ne boirai pas à ton ruisselet"

Tant qu'il y a wiki, il a de l'espoir

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mardi 17 février 2015

Mes chansons futures



Les chansons que je n'ai pas composées, ne va surtout pas croire,cher fan, qu'elles soient pur néant. 
 Bien au contraire (que cela une bonne fois soit psalmodié), elles sont comme en suspens dans la culture orale populaire. Elles existent, dans les rues, par notes, par croches, par doubles et triples croches dans certains cas. Mais il y a autour d'elles tant de vains soupirs, elles sont jouées dans une telle surabondance de chabada bada, de lalalalalala, que moi-même, à vrai dire, malgré tous mes exercices respiratoires, n'ai pas encore réussi à les expirer , à les faire vibrer. Le monde  me paraît rempli de duos, ce qui fait de mes compositions une longue barcarole, la recherche ostinata  de toutes  ces menues rapsodies inexplicablement soufflées à mes chansons futures.

Marcelle Bébabar ,Pourquoi je n'ai sifflé aucun de mes airs.

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Texte parangon:

Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.



Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006.

samedi 14 février 2015

Bouquet pour la Saint-Valentin


Dis-moi dix mots fleuris pour la Saint -Valentin




Saint-Valentin? la kermesse aux  fleurs et au  fric!
Point de bravo : haro sur le comble du Kitsch!


Fête païenne  à l'origine , dit Wiki
L'amalgame qu'en fit l'Eglise nous ravit !

La sérendipité unissait -vraie ou feinte-
Les jeunes villageois cachés pour une étreinte.

Cupidon cible les coeurs les plus endurcis
L'amour fait  fondre la banquise des Inuits

Cartes, roses , présents sont autant de grigris
Pour qu'un oiseau précieux ,en cage  reste pris.


Esprits chagrins , renoncez à  solitude:
De billets doux,amants,  goûtez la zénitude!



Le beau soleil, jour de saint-Valentin


Le beau souleil, le jour saint Valentin, 

Qui apportoit sa chandelle alumee, 

N'a pas longtemps entra un bien matin

Priveement en ma chambre fermee. 

Celle clarté qu'il avoit apportee, 

Si m'esveilla du somme de soussy 

Ou j'avoye toute la nuit dormy

Sur le dur lit d'ennuieuse pensee.


Ce jour aussi, pour partir leur butin 
Les biens d'Amours, faisoient assemblee 
Tous les oyseaulx qui, parlans leur latin, 
Crioyent fort, demandans la livree 
Que Nature leur avoit ordonnee 
C'estoit d'un per* comme chascun choisy.
Si ne me peu rendormir, pour leur cry, 
Sur le dur lit d'ennuieuse pensee.

Lors en moillant de larmes mon coessin 
Je regrettay ma dure destinee, 
Disant : " Oyseaulx, je vous voy en chemin 
De tout plaisir et joye desiree. 
Chascun de vous a per qui lui agree, 
Et point n'en ay, car Mort, qui m'a trahy, 
A prins mon per dont en dueil je languy 
Sur le dur lit d'ennuieuse pensee. "

ENVOI

Saint Valentin choisissent ceste annee 
Ceulx et celles de l'amoureux party. 
Seul me tendray, de confort desgarny, 
Sur le dur lit d'ennuieuse pensee.



Charles d'Orléans





Extraits d'articles / Wiki



Historique
Fêtes de la fertilité au mois de février

Le jour de la Saint-Valentin a longtemps été célébré comme étant la fête des célibataires et non des couples. Le jour de la fête, les jeunes filles célibataires se dispersaient aux alentours de leur village et se cachaient en attendant que les jeunes garçons célibataires les trouvent (définition des Lupercales). À l’issue de ce cache-cache géant, les couples formés étaient amenés à se marier dans l’année. Ceci permettait de développer la démographie et stimuler l’expansion des villages. Cette pratique laissait libre cours à beaucoup de tricheries de la part de couples officieux ainsi que des hommes qui visaient une jeune fille en particulier et notamment « la plus belle du village », très courtisée.


Epoque médiévale
La première mention du jour de la Saint-Valentin avec une connotation amoureuse remonte au xive siècle en Angleterre, où l’on croyait que le 14 février était le jour où les oiseaux s'appariaient (lire entre autres « La Dame à la licorne »). Cette croyance est mentionnée dans les écrits de Geoffrey Chaucer
 au xive siècle. Il était courant durant cette période que les amoureux échangent des billets et s’appellent chacun leur Valentin. Un de ces billets du xive siècle se trouverait à la British Library


Il est probable que nombre de légendes sur la Saint-Valentin ont été inventées pendant cette période.

vendredi 13 février 2015

Proverbes revus en dix mots




On ne fait pas d'amalgame sans casser d'oeufs

Les petits bravos font les grandes carrières

Ciblez le naturel, il repart au galop

Avec le grigri, le beau temps.

A beau mentir qui vient de la kermesse

Le Kitsch est pavé de bonnes intentions/ Un kitsch vaut mieux que deux m'as -tu vu / Avec du kitsch on mettrait Paris en bouteille.

Les ours grognent, les Inuits passent

Tous les chemins mènent à la sérendipité

Bravitude et zénitude sont les deux échelles du Pouvoir

Petit à petit, le wiki fait son nid

mardi 10 février 2015

Je n'ai jamais lu

Parmi ces noms de villas balnéaires:
La grève d'Or,
la Rose des Vents,
les Pins,
Les Hublots,
La Fourmi,
Villa Denise,
le classique "Abri côtier" 
et l'inévitable "Sam'Suffit"

en voici un  qui sort des sentiers (de douaniers) battus:
Jalna.

 Avec ses quatre fenêtres ou portes-fenêtres  en façade, autant sur l'un des pignons
- combien sur les autres, non visibles de la plage- 
la villa aux volets bleu-layette, un long moment plus ou moins délaissée, aujourd'hui retapée et agrandie , affiche les goûts de ceux qui l'ont construite:



un hommage à la saga  en 16 volumes de  Mazo De la Roche, 
                               et qui sait?le rêve de fonder une dynastie, à l'instar des Whiteoak.

essai paru  aux Editions de Minuit , dans la collection Paradoxe.
Un titre provocateur qui pourrait faire croire à des recettes pour paraître , pour bluffer, mais 
qui parle plutôt des codes culturels communs , de la liberté de lire ou de ne pas lire, et des mots pour le dire.
Comment parler de Jalna, chronique que je n'ai jamais lue?

Etait-ce -ce à cause du nombre de  pages  à dévorer
- et pourtant la Chronique des Pasquier de Georges Duhamel  (10 volumes) n'avait pas été un obstacle-et ses personnages m'ont longtemps accompagnée:Laurent l'idéaliste, Joseph le matérialiste, le Docteur Pasquier , ses éclats et ses frasques...

-du  thème dynastique, trop conformiste à mon goût, à l'époque, 

-de la couleur mièvre des volets bleu-layette, 
ou tout simplement des vacances,de la blondeur 
la  chaleur de l'été?





Les livres que je n'ai écrits
Les cris que je n'ai pas poussés
Les poussins que je n'ai pas tués
Les "tu" , les "nous "que l'on délie
les lits que je n'ai pas défaits
Les faits que j'ai voulu renier
Les "ni "et les "non" murmurés
Les murs pour toujours renversés
Les serments hélas non tenus
Les numéros que j'ai rayés
Les hyènes que j'ai détestées
Les tests auxquels on s'est livrés
Les livres que je n'ai écrits
Les livres que je n'ai pas lus
Les livres que j'ai tant relus
Les livres que j'ai lus trop tard
Les Tartares qui ont brûlé
Les livres et leur humanité
Les livres que je veux relier
Les livres que je veux relire
Les livres qui me rendent ivre
Les livres que je veux garder

MissYves





Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.

Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006

dimanche 8 février 2015

L'écrit antérieur




  • L'écrit antérieur

    J'ai longtemps bouquiné dans de vastes boutiques
    Que des signes malins brouillaient de mille E
    Et que leurs grands fichiers, étroits et trop verbeux
    Rendaient pareils, en noir, aux alphabets runiques.

    Les moules, en bougeant les casses deux par deux
    Mêlaient d'une façon babélienne et prolixe
    Les tout puissants accords des règles syntaxiques
    Aux valeurs de l'accent modulé par mes voeux.

    C'est là que tout est lu, pratiquant l'amalgame
    En mêlant la biffure aux pages des copieurs
    Et les encrages neufs, plagiés par des hâbleurs

    Qui tous me pastichaient, m'ôtant du front la palme
    Et dont l'unique soin était d'approfondir
    Le manuscrit secret de mon oeuvre à venir.

    Charles Bénabou, Comment j'ai plagié certaines missives



La vie antérieure


J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

    Charles Baudelaire, Les fleurs du mal







Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.

Marcel Bénabou, Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006.

Croqueurs de mots:défi 333 de Martine

  Le mot de Martine :   « Pour le défi 333 (3 trois) des croqueurs de mots que j’ai le plaisir de lancer, je vous propose d’écrire une histo...