jeudi 9 avril 2026

L' oulipien de l'année: Bernard Cerquiglini




Acrostiche double:


Nithard tu es caché dans un grenier bénédictiN

Inspirant variations oulipiennes à l'infinI

Tibias crâne fémur squelette en kiT

Historiens archéologues au bord du clasH

Anne et Jocelyne feront ternir leur aurA

Retrouvant tes restes en l'abbaye de Saint -RiquieR

Dans un vieux carton blafarD .


Miss Yves


L'oulipien de l'année: Bernard Cerquiglini



Sélénet


La -haut sous les combles

Dans un vieux grenier 

Bazar qui encombre

Dit Anne Potié


Rien de rien qui vaille

Tout est à jeter

D’un carton qui baille 

Foi de Saint  Riquier


La torche qui crame

Est -ce un canular 

Des tibias un crâne 

Enfin c’est Nithard 


 Miss Yves

............................................................................................................................

Accueil > Sélénet

Sélénet

Le sélénet est une forme fixe, un couplet de 2 quatrains au format de la chanson "Au clair de la lune". 

Le Traité de Prosodie de Gilbert Farelly (Éd. Ichthusson - 1960) y reconnaît « une taille idéale pour s’exprimer de façon concise, intermédiaire entre le sonnet (souvent pompeux) et le haïku (trop minimal en français) ». 

À première vue on compte 5 syllabes par vers, rimes croisées féminines et masculines. 

Mais, sans rien toucher au texte, la diction alterne vers de 6 et 5 syllabes puisque, surnuméraire, le -e des rimes féminines est pesamment prononcé :

Au-clair-de-la-Lu-NE (6)
Mon-a-mi-Pier-rot (5)
Prête-moi-ta-plu-ME (6)
Pour-é-crire-un-mot (5)

Ma-chan-delle-est-mor-TE (6)
Je-n’ai-plus-de-feu (5)
Ou-vre-moi-ta-por-TE (6)
Pour-l’a-mour-de-Dieu (5)


Gilles Esposito-Farèse ayant suggéré d’appeler "sonyme" un quatrain dont les vers comptent successivement 4, 4, 3 et 3 mots (en référence aux proportions du sonnet, 2 quatrains puis 2 tercets), s’ensuit le nom de "solénet" dès lors que les deux strophes d’un sélénet seront des sonymes (ci-dessous d’après François Caradec) :

Prends donc une rue
Tout peut se tenter
Est-elle incongrue
Ose la chanter

Car les chemins riment
En des airs datés
Leurs grâces expriment
D’anciennes cités

Le "solénet" de Gilles Esposito-Farèse a inspiré le "ténélos" à Robert Rapilly, deux strophes de 3, 3, 4 et 4 mots par vers :

Empruntons la rue
Ouverte au hasard
D’ore ou disparue
Effet d’aucun art

François trouve bonne
Chaque rue ainsi
Celle qu’on fredonne
Et qui dit merci

... d’où ce commentaire suivi d’exemple de Bernard Maréchal : « Donc le "ténélos" est un sélénet dont chaque strophe est un "émynos". Un "émynos" est un quatrain dont les vers comptent successivement 3, 3, 4 et 4 mots. » :

La strophe minime
Chère au sélénet
Fait que le sonyme
Mime un beau sonnet

Ici se répète
Un double émynos
Qui fait la compète
C’est un ténélos


Autres variantes du sélénet présentées sur le présent site de Zazie Mode d’Emploi, sélénétoum & sélénantoum.



L' oulipien de l'année : Bernard Cerquiglini




 Les nécrophores dans le grenier

Page précédente

Les nécrophores gargouillent dans le grenier
ils ne rognent ni crâne tibias ni guiboles
pleins d’une moelle qui intoxique les fols
les nécrophores qui sont puissants et grassouillets

mastiquent les fémurs dans un grenier souillé
ça les comble et en guise de nécropole
tiennent en un carton moisi aux deux pôles
un sac plastique où ils se calent saturés

En l’entrechoquant on ouït un cri de joie
celui que lance une dame sans vergogne
à toute allure issant du seuil du grenier

quand la dame sort elle tire à soi
la gloire d’avoir issu d’une charogne
la trogne de Nithard abbé de Saint-Riquier.

Miss Yves, Les asticots en tout immondes.


D’après Les vers à soie de Jacques Roubaud.


Vers à soie

Après Raymond Queneau et Jacques Jouet, Zazie Mode d’Emploi rend hommage à un immense poète : Jacques Roubaud, dont le sonnet "Les vers à soie" est mis en exergue. Thème commun en 2005 : « tisser la langue à la machine ».

Les vers à soie murmurent dans le mûrier
ils ne mangent pas ces mûres blanches et molles
pleines d’un sucre qui ne fait pas d’alcool
les vers à soie qui sont patients et douillets

mastiquent les feuilles avec un bruit mouillé
ça les endort mais autour de leurs épaules
ils tissent un cocon rond aux deux pôles
à fil de bave, puis dorment rassurés

En le dévidant on tire un fil de soie
dont on fait pour une belle dame une robe
belle également qu’elle porte avec allure

Quand la dame meurt on enterre la soie
avec elle et on plante, sur sa tombe en octobre,
un mûrier où sans fin les vers à soie murmurent.

L'oulipien de l'année: Fran9ois Caradec+ Bernard Cerquiglini

 


Zazie Mode d’Emploi a choisi François Caradec comme Oulipien de l’année 2024. Nous vous proposons de réécrire, imiter, transformer, modifier, translater, augmenter, traduire, pasticher, exagérer, pervertir ou simplement de vous inspirer de son poème Chanson des rues paru en 2007 dans le recueil Les nuages de Paris :


Prenez une rue au hasard
en sortant de chez soi la première est la bonne
ce n’est pas un effet de l’art
la plus belle à Paris est celle qu’on fredonne.

Toutes les rues riment ainsi
on en fait des refrains qu’on chante dans les rues
toutes les rues disent merci
merci d’avoir chanté la ville disparue.


Pièces et  chansons

 

Prenez une pièce au hasard

entrant dans l'abbaye la première est la bonne

ce n'est pas pour louer Nithard

la plus crade à  l'envi est celle qui cartonne


Toutes les pièces friment ainsi

on  fait des variations sur contraintes connues

O belle dame sans merci

Merci d'avoir trouvé le crâne disparu.


Les rages du parvis

Miss Yves







Les deux dames ouvrirent la porte, saisies par l’odeur de renfermé, la poussière, les toiles d’araignées, les fientes : personne n’était monté depuis longtemps, l’abandon était total. 

[...]

En repartant, Anne Potié buta contre un carton poussiéreux, dont le choc rendit un son étrange. 

Le carton bâillait.

 l’administratrice élargit l’ouverture à l’aide de sa torche, en sortit un sac de plastique 

la lumière de la lampe fit apparaître deux fémurs, des tibias, une clavicule, un crâne.

– Enfin, s’écria Jocelyne Martin ; mon mari le cherchait depuis vingt ans.


Bernard Cerquiglini, L’Invention de Nithard, Éditions de Minuit, 2018, p. 14.



vendredi 3 avril 2026

Un thème, un tableau: éphémère (1)

 



Lilou soleil
a écrit: 

Mes excuses pour le retard j’ai oublié que nous changions de mois ! Quelle tête de linotte !

Le thème de l’éphémère a fasciné de nombreux artistes à travers l’histoire, car la peinture est, par définition, le moyen de fixer pour l’éternité un instant qui s’enfuit. La peinture a évolué au mouvement Impressionniste c’est à dire au moment ou la photographie a pris le pas sur les portraits.

L’Éphémère de la Nature : Les saisons, la météo (brume, orage), le cycle de la vie (une fleur en train de faner, une trace de pas dans la neige).

L’Éphémère de l’Instant : Une expression de visage fugitive, un mouvement sportif, une bulle de savon juste avant qu’elle n’éclate, un reflet dans une flaque d’eau.

L’Éphémère de l’Objet : Les traces de l’homme qui s’effacent (un graffiti sur un mur décrépit, une ruine, une affiche déchirée)..

Quelques pistes pour vous inspirer :

  • La fragilité du vivant : Une fleur qui perd ses pétales, un fruit mûr, une bulle de savon.
  • Les jeux de lumière : Un rayon de soleil qui traverse une pièce, un reflet sur l’eau, les couleurs d’un lever de jour.
  • Les traces qui s’effacent : Des pas dans le sable ou la neige, de la buée sur un carreau, de la fumée qui s’élève.
  • Le mouvement : Une silhouette qui passe, un oiseau qui s’envole, le flou d’une voiture qui roule.
  • bonnes recherches.À samedi

......................................................................................................................................................

J'ai choisi:

Ferdinand Hodler, Le Lac de Genève vu de Chexbres

"Le lac Léman vu de Chexbres est l'une des 13 variantes peintes par Ferdinand Hodler entre 1895 et 1911, immortalisant la vue sur le lac Léman depuis le village de Chexbres. 

Dans le tableau de Bâle, la vue plonge, depuis une prairie en surplomb, sur le lac à la surface miroitante qui s'étend jusqu'à la silhouette brumeuse des Alpes savoyardes au-dessus desquelles s'ouvre un ciel bleu. 

Hodler voyait dans la nature des lois générales qu'il tentait de transcrire dans sa représentation des personnages et des paysages."

Afficher les contenusInformations détaillées
Titre
Lac Léman vu de Chexbres
Catégorie
Swiss artist
Artistes
Ferdinand Hodler
Material
Huile sur toile
Année
1913
Taille
82.1 x 104.2 cm
Propriétaire

Kunstmuseum Basel

Kunstmuseum Bern

https://www.myswitzerland.com/fr-fr/decouvrir/villes-culture/art-culture/art/lac-leman-vu-de-chexbres/


L' oulipien de l'année: Bernard Cerquiglini

Acrostiche double: N ithard tu es caché dans un grenier bénédicti N I nspirant variations oulipiennes à l'infinI T ibias crâne fémur squ...