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Vestiges & Souvenirs
La mémoire du temps qui passe
Ce thème vous invite à explorer la trace : celle que le temps laisse sur les objets, les lieux, les paysages ou les êtres.
Il s’agit de capter la beauté de ce qui a vécu, la nostalgie d’un instant révolu ou la poésie de ce qui s’efface doucement.
J'ai choisi: L'âge mûr, de Camille Claudel, https://www.museecamilleclaudel.fr/fr/collections/lage-mur
Musée Camille Claudel, Nogent-sur-Seine
Mon interprétation:
Encore un instant, encore une année!
Arrête le temps, femme décharnée
Visage sans dents, suis-je destinée
A te ressembler, par toi entraînée?
La main qui se tend, la main bien aimée
Par toi retenue, hélas résignée,
Le regard perdu, face détournée
Le vide m'attend, suis-je abandonnée?
Silhouette gracile, amante éplorée
Jeunesse fragile, suis-je agenouillée
En vain, séparée, enfin retranchée
De la vie si belle, beauté envolée
Vol de draperies, triste duperie
Un instant encore, juste avant la mort!
Miss Yves
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"Avec L’Âge mûr, Camille Claudel montre sa maîtrise artistique et sa créativité, parvenues à maturité. L’artiste traite ici du temps qui passe, de la vieillesse et de la mort, sujets chers aux symbolistes. La composition parfaitement maîtrisée traduit la fuite inexorable du temps : une diagonale relie le corps de la jeune femme suppliante à la main tendue de l’homme et à la draperie de la vieille femme. Les différents niveaux de la terrasse accentuent encore cette marche dont l’issue ne peut être que la mort. L’artiste excelle ici à représenter plusieurs moments d’une même histoire : la jeune femme montre douleur puis résignation, l’homme tente de résister mais déjà se laisse entrainer. Surtout, Claudel joue avec les vides, qui font partie intégrante de l’œuvre : l’espace entre les mains de l’homme et de la femme exprime à lui seul toute la tension émotionnelle de ce moment."
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"On a souvent réduit cette œuvre à sa dimension autobiographique. Mais si la sculpture fait écho à sa séparation d'Auguste Rodin, Camille Claudel y évoque avant tout la destinée humaine : cette allégorie des âges de la vie, montrant le passage de la jeunesse à l’âge mûr puis à la vieillesse, revêt une portée universelle. Surtout, la sculptrice affirme son autonomie artistique, par une expressivité, un traitement de l’espace et une vie intérieure des personnages qui n’appartiennent qu’à elle."
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