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vendredi 11 septembre 2026

Le tableau du samedi: les créatures de légende (2)


Fardoise propose

https://entretoilesetpapiers.eklablog.com/2026/08/les-creatures-de-legende.html

Le mois de septembre sonne l'heure de la rentrée, pour beaucoup, et le début d'une nouvelle année scolaire. Alors, après l'été épouvantable que nous avons traversé, je vous propose de se changer les idées avec un petit séjour en "Chimérique" et d'aller à la rencontre des créatures de légende,  

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-Poursuivons notre parcours dans l'exposition du musée Thomas Henry, à Chebourg consacrée à SATAN avec  ce bronze de Jean-Michel Pollet, Eloa, soeur des anges, inspiré par le poème d'Alfred de Vigny (1823).

-Voici deux créatures de légende-ange et démon-avec, à l'arrière-plan  sur le mur de droite, le tableau de Gustave Moreau présenté samedi dernier, Le Génie du Mal.



 https://mbarouen.fr/fr/oeuvres/eloa-soeur-des-anges


Joseph-Michel Pollet

(1814 - 1870) | D.868.3

Date : 1862 | Technique : Bronze

« Je t’aime et je descends. Mais que diront les cieux 

 (…)  Deux fois encore levant sa paupière infidèle, 

Promenant des regards encore irrésolus,

 Elle chercha ses cieux qu’elles ne voyaient plus. 

 (…);J’ai cru t’avoir sauvé – Non, c’est moi qui t’entraîne » ».


Ces vers d’Alfred de Vigny écrit en 1823 font parti du poème Eloa ou la Sœur des Anges qui a inspiré Joseph-Michel Pollet pour cette sculpture en bronze datée de 1862. Eloa, ange de la compassion, née des larmes du Christ versées à la mort de son ami Lazare, est séduite par Satan qui l’attire par ses propres larmes. Il l’enlève enfin se révélant comme l’ange déchu et inconsolable. Le sujet est romantique, le style également. Le corps contorsionné d’Eloa montre celle-ci déjà soumise – assise sur les genoux de Lucifer – mais encore dans l’attitude de l’humble servante en prière, la tête détournée de Satan et regardant vers le ciel.

Le moment est donc dramatique, c’est celui où Eloa quitte tout espoir et toute attache au ciel, emportée malgré elle vers le monde des ténèbres. L’émotion est accentuée par l’opposition totale entre les deux visages : celui de l’ange déchu, résolu et sombre, est tourné vers le bas, les cheveux au vent montrant que le couple tombe déjà tandis que celui d’Eloa est tendu vers le ciel, le regard seul encore relié vers le ciel. Mais tout espoir semble bien perdu : Satan enveloppe déjà l’ange de la compassion, l’agrippant de ses deux mains et l’entourant de son aile. Pourtant une impression de calme se dégage du rendu idéalisé de ces corps sveltes et gracieux et de ces visages juvéniles. Il s’en dégage un parfum d’éternité qui inciterait à voir dans ce groupe plus qu’une simple scène tirée d’un poème, peut-être l’allégorie de l’Innocence emportée par l’Orgueil.

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Extrait  du poème d'Alfred de Vigny

Un jour, les habitants de l’immortel empire,
Imprudents une fois, s’unissaient pour l’instruire.
« Éloa, disaient-ils, oh ! veillez bien sur vous :
Un Ange peut tomber ; le plus beau de nous tous
N’est plus ici : pourtant dans sa vertu première
On le nommait celui qui porte la lumière ;
Car il portait l’amour et la vie en tout lieu,
Aux astres il portait tous les ordres de Dieu ;
La terre consacrait sa beauté sans égale,
Appelant Lucifer l’étoile matinale,
Diamant radieux, que sur son front vermeil,
Parmi ses cheveux d’or a posé le soleil.
Mais on dit qu’à présent il est sans diadème,
Qu’il gémit, qu’il est seul, que personne ne l’aime,
Que la noirceur d’un crime appesantit ses yeux,
Qu’il ne sait plus parler le langage des Cieux ;
La mort est dans les mots que prononce sa bouche ;
Il brûle ce qu’il voit, il flétrit ce qu’il touche ;
Il ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits ;
Il est même sans joie aux malheurs qu’il a faits.
Le Ciel qu’il habita se trouble à sa mémoire,
Nul ange n’oserait vous conter son histoire,
Nul ange n’oserait dire une fois son nom. »

(...)

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vendredi 4 septembre 2026

Le tableau du samedi: les créatures de légende (1)



 Fardoise propose

https://entretoilesetpapiers.eklablog.com/2026/08/les-creatures-de-legende.html

Le mois de septembre sonne l'heure de la rentrée, pour beaucoup, et le début d'une nouvelle année scolaire. Alors, après l'été épouvantable que nous avons traversé, je vous propose de se changer les idées avec un petit séjour en "Chimérique" et d'aller à la rencontre des créatures de légende,  

......................................................................................................................................................Ce thème original me donne l'occasion d'exploiter mes photos de l'exposition du musée Thomas Henry, à Cherbourg, consacrée à SATAN, l'ange de la révolte.

J'ai choisi de commenter librement ce tableau de Gustave Moreau :



Le Génie du Mal, Gustave Moreau

Juché sur une colonne,  serait -ce un saint homme

Vertueux , détaché des biens de ce monde ?

Non , juste ciel ! c’est un sphinx, une bête immonde 

Un ange déchu: Satan, on le  nomme. 


Même si, comme l’affirme  le dogme 

Faire croire à son néant est sa ruse

C’est alors que des candides il abuse.

Mais aujourd’hui samedi , la théologie 

Cède la place à l’imagination .


Le Génie du mal , c’est ce blanc démon 

Ailé, surgi de traînées de sang sur ciel d’incendie , 

Etirant son règne  à l’horizon infini,

Silhouettes à ses pieds comme vers de terre 

Errantes pécheresses , aux portes de l’enfer. 


Miss Yves 



Et voici deux autres oeuvres de cette exposition traitant le thème romantique de l'ange révolté, la première étant une "esquisse"de la seconde:









Lilou a noté les liens:
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vendredi 28 août 2026

Le tableau du samedi (3) Du rose à l'horizon

https://lilousoleil.com/2026/08/11/week-end-en-tableau-2-le-theme-pour-aout-horizons/

deuxième thème pour ce mois d’août torride !

L’horizon c’est aller plus loin

Une même thématique, une infinité de regards. Du paysage figuratif à l’abstraction pure, chaque artiste s’approprie la ligne d’horizon pour vous ouvrir une fenêtre sur son univers.Voilà une limite que vous aller devoir dépasser pour nous offrir le meilleur des horizons et comme nous aurons trois samedis pour le 29 août je vous propose de choisir votre œuvre entre les deux thèmes proposés ce mois.

(Thème précédent: l'invention du rose)

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J'ai choisi cette fois, non pas une grande oeuvre, mais une pochade de Paul Signac, conservée au musée Thomas Henry, à Cherbourg.

Cette petite huile sur carton me plaît par sa vivacité, sa spontanéité, en un mot, son charme. 

Comme il est noté sur le site du musée (voir 1er lien) au centre de la composition, le phare et son sémaphore sont simplifiés à l’extrême, réduits à un simple signe graphique. "

Signac, installé à Barfleur, voyait de son atelier le phare de Gatteville,  monument de granit de 75 mètres de haut,  au sud-est sur le petit port de pêche.

Ce phare très connu dans le Cotentin, est une destination de promenade dominicale "sportive", si l'on projette de  monter ses  349  marches. Il a également servi de décor à quelques scènes du film DIVA, de J.J. Beneix.




Mon commentaire:

Le phare de Gatteville à l'horizon.


 Signée Signac cette pochade

Sur un simple petit carton

Nous invite à une escapade

Au loin vers le trait d’ horizon

Où se dresse tout blanc le phare

Contre la pluie petit fanion.


Sur le ciel violacé un nuage 

De forme échevelée bizarre 

Verse la pluie à traits obliques

Mais la mer effet mirifique 

Ne porte pas trace d’orage

Vert clair traits d’or effet de l’art.


Quand le soleil avec la pluie 

Se mêle  ainsi en Normandie 

« Le diable bat sa femme » on dit

Et le peintre lui se réjouit 

D’un gros grain où le soleil luit.


Miss Yves 

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Et pour rester à Cherbourg, dans les collections du musée Thomas Henry, voici une huile sur toile  de Henri Hayden (1883-1970), dans une tonalité beige rosé, La place d'armes de Cherbourg  (1939).

Un des rares artistes intéressés par les motifs urbains du Cotentin, ce peintre

a représenté la place d'armes de Cherbourg (l'actuelle place de la République).

Les lignes de fuite convergent vers la mer dans le lointain, au -delà de la statue de Napoléon.

La vue est prise à l'intersection des places Napoléon et de la République, à deux pas de la maison rose des Bernardi.




Aperçu IA

La « maison rose » à Cherbourg était la demeure du couple de collectionneurs Henri et Marthe Bernardi, située au 34 place Napoléon. 

Lieu de rencontre et de villégiature artistique, ce foyer accueillait des peintres renommés et influença de nombreuses œuvres inspirées par le port.

  • Henry Hayden
  • Albert Marquet
  • Édouard Vuillard
  • Simon Segal
  • [1]
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    Lilou Soleil a noté:

    Amande douceEugène Isabey – « La Plage de Granville » – (1863
    Covix
    Fardoise
    François
    Golondrina63
    Jazzy.
    Josy 
    KImcat
    Pulsatilla
    Marie des vignes
    Martine tortue
    Mireille
    Miss Yves
    Monica Breitz
    Zaza




    vendredi 7 mars 2025

    Un thème, un tableau: POISSON (2)



     

    LES CONSIGNES DE FARDOISE, CLIC, POUR CETTE PREMIÈRE QUINZAINE DE MARS 2025.

    PREMIÈRE QUINZAINE DE MARS 2025

    POISSONS ET CRUSTACÉS 

    Suite à l'année sur LA MER EN COMMUN 

    https://mer.gouv.fr/mer-en-commun/la-mer-en-commun

     thème de Fardoise :« Poissons ou Crustacés   »Les mots de Fardoise : « Nous sommes entrés dans le signe astrologique des poissons, et je vous propose de parcourir la Toile à la recherche de poissons, ou de crustacés, (laissons les coquillages pour une autre fois, et de ceux qui les pêchent), dans les natures mortes, ou bien vivants dans la mer. »

    https://lilousoleil.com/2025/03/01/week-end-theme-tableau-poisson

    j'ai choisi:


    Déjeuner de carême (1896), Guillaume Fouace  (1837–1895), Musée Thomas Henry, Cherbourg

    Mon commentaire  :     

                                     

    Pour ce déjeuner de Carême, 

            Guillaume Fouace n'a disposé 

             Aucun des produits de la ferme:

                 Ni lait, ni oeufs et point de crème

            Mais coquillages et crustacé .

     

            Du rouge bruni pour le fond,

               Crevettes roses, homard rubis,

      Pour trancher, harmonie de gris

    Du plateau, un noir carafon, 

          Des huîtres, gris-vert ton sur ton.


            Le raisin n'est pas de saison

            Mais sa lumière correspond

               Aux reflets, au blanc saladier,

                                     A la salière, à sa clarté                                  

                                                                             

                                  C’est un triangle lumineux                                                                                                                                                                                                                                                                                              Qui attire aussitôt les yeux.        

                               Est-ce simple décoration   


                                 Ou prétexte à méditation ?

                               En harmonie avec le prêche

                                Sont montrés les fruits de la pêche.

             Miss Yves    

      (* impossible d'aligner correctement le vers "qui attire aussitôt les yeux" )                                         

     Jugements sur Guillaume Fouace:

    • « C'était un homme d'un commerce sûr et d'une sensibilité sans pareille. Un peu paysan du Danube, d'ailleurs, il ne fallait pas longtemps à qui l'approchait pour savoir toute sa délicatesse et pour entendre battre dans sa large poitrine ce qu'il est juste d'appeler un cœur de brave homme. » Charles Canivet 
    • « Aucune condescendance démagogique au joli ou à l'aimable dans les portraits et surtout dans les objets composant les natures mortes, d'un ton superbe et généreux, chez cet artiste trop mal connu… » -Gérard Schurr.
    • « Ses natures mortes de poissons et coquillages sont plus riches en couleur que ses portraits… On peut le qualifier de peintre paysan exaltant les valeurs du terroir. » -Dictionnaire Bénézit. 
    • « Grand artiste manchois qui fit d'une petite église montfarvillaise  la chapelle Sixtine du Val de Saire… » - Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette.

    Peintures murales de Guillaume Fouace à l'église Notre-Dame de Montfarville (entre 1878 et 1883)

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    Comparons ce tableau avec cette autre nature morte du peintre, "Ma pêche" où la sobriété, la rusticité l'emportent. 

    Aux reflets nacrés du poisson pantelant répondent les reflets cuivrés de la bassine.
    Ni apprêt, ni raffinement, nous ne sommes plus devant la table élégante d'un intérieur bourgeois.

    Le titre, très simple, nous rappelle le milieu dans lequel a vécu ce peintre:
     "Cinquième enfant de Pierre Fouace (1789-1961) et de son épouse née Félicité Marie Adélaïde Léonard (1793-1886), cultivateurs mais aussi « pêcheurs-côtiers quand ils délaissent la charrue », Guillaume Fouace naît au hameau de Jonville, à Réville".
    Enfant très doué en dessin, son talent a été découvert par François Bon Henry, conservateur du musée de Cherbourg. Grâce à ce protecteur, l’obtention de deux bourses lui a permis d’entamer des études artistiques, de s’installer dans un atelier à Paris pour parfaire sa formation et ainsi  devenir un peintre reconnu.


    Le tableau du samedi: les créatures de légende (2)

    Fardoise propose https://entretoilesetpapiers.eklablog.com/2026/08/les-creatures-de-legende.html Le mois de septembre sonne l'heure de l...