À l’automne 1923, Marie Laurencin travaille pour les ballets russes de Serge de Diaghilev établis à Paris, Monte-Carlo et Londres, et réalise les décors et les costumes du ballet Les Biches.
De son côté, Gabrielle dite Coco Chanel (1883-1971), dessine les costumes de la même compagnie pour l’opérette Le Train Bleu sur un scénario de Jean Cocteau et une musique de Darius Milhaud.
Déjà riche et célèbre, Coco Chanel commande son portrait à Marie Laurencin, qui débute une carrière de portraitiste mondain.
[...]
Chanel n’apprécia pas ce portrait et refusa de le payer à Marie Laurencin.
Cette dernière, furieuse, ne voulut pas lui livrer un second portrait et garda celui-ci.
Lancement du parfum Chanel n°5- le 5 Mai 1921 (37 ans)
Pour la première fois, une créatrice de mode se lance dans la parfumerie !
Le 5 mai 1921, Coco Chanel dévoile Chanel n°5, un parfum floral qui porte le nom de sa propre marque. C'est Ernest Beaux, parfumeur de la cour de Russie, est choisit pour créer le parfum et propose à Coco Chanel plusieurs échantillons : l'échantillon n°5 remporte la préférence de la couturière et c'est ainsi que le célèbre parfum voit le jour. Le succès est immédiat !
Coco Chanel imagine sa célèbre petite robe noire- en 1926 (42 ans)
En 1926, Coco Chanel dessine une robe fourreau droite, sans col et à manches 3/4. Le modèle est noire, en crêpe de Chine et rencontre un succès monstre.
Encore aujourd'hui iconique, ce modèle de petite robe noire deviendra rapidement un grand classique de la garde-robe féminine et sera maintes fois copiée.
Le temps passe et j’oublie de vous donner le thème pour le mois d’août et nous l’avons choisi ensemble avec Fardoise ; du moins elle propose et je dispose.
Voilà de quoi nous faire vivre des moments de douceur, de tendresse, de simple bonheur.
Un thème qui suggère l’emblématique « Heure Bleue » de Guerlain.
L’heure bleue est la période entre le jour et la nuit où le ciel se remplit presque entièrement d’un bleu plus foncé que le bleu ciel du jour. Elle correspond plus précisément à une période courte du crépuscule nautique ou de l’aube nautique...........................................................................................................................................
J’ai choisi « Soir bleu », d’Edward Hopper.
Mais j'ai découvert , dimanche dernier, que c'était le choix de Covix!
De cette excellente analyse, voici ce que j’ai retenu:
- Edward Hopper, qui avait fait un tour d'Europe, avait peint ses souvenirs de Paris; la scène se situait sur la terrasse du parc de Saint Cloud, qu'il fréquentait souvent.
- Féru de littérature française, il avait été inspiré , pour le titre, par un vers de Rimbaud:
« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers »
-Il a inclus deux références picturales: L’atelier du peintre (1854-1855) de Courbet, et le Gilles de Watteau, admiré au Louvre.
-Le tableau, exposé une seule fois, avait été vilipendé par la critique aussi, le peintre ne l’avait plus jamais montré. Il ne fut retrouvé et identifié qu 'après sa mort.
J'en étais restée à l'ancienne adresse: j'ai pu faire une modification sans trop de dommages , heureusement que je n'avais pas adopté une disposition fantaisiste, intégrée à l'image!
Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes : A, noir corset velu des mouches éclatantes Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes, Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ; I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides, Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, Silences traversés des Mondes et des Anges ; - O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
en voici un qui sort des sentiers (de douaniers) battus:
Jalna.
Avec ses quatre fenêtres ou portes-fenêtres en façade, autant sur l'un des pignons
- combien sur les autres, non visibles de la plage-
la villa aux volets bleu-layette, un long moment plus ou moins délaissée, aujourd'hui retapée et agrandie , affiche les goûts de ceux qui l'ont construite:
essai paru aux Editions de Minuit , dans la collection Paradoxe.
Un titre provocateur qui pourrait faire croire à des recettes pour paraître , pour bluffer, mais
qui parle plutôt des codes culturels communs , de la liberté de lire ou de ne pas lire, et des mots pour le dire.
Comment parler de Jalna, chronique que je n'ai jamais lue?
Etait-ce -ce à cause du nombre de pages à dévorer
- et pourtant la Chronique des Pasquier de Georges Duhamel (10 volumes) n'avait pas été un obstacle-et ses personnages m'ont longtemps accompagnée:Laurent l'idéaliste, Joseph le matérialiste, le Docteur Pasquier , ses éclats et ses frasques...
-du thème dynastique, trop conformiste à mon goût, à l'époque,
-de la couleur mièvre des volets bleu-layette,
ou tout simplement des vacances,de la blondeur
la chaleur de l'été?
Les livres que je n'ai écrits
Les cris que je n'ai pas poussés
Les poussins que je n'ai pas tués
Les "tu" , les "nous "que l'on délie
les lits que je n'ai pas défaits
Les faits que j'ai voulu renier
Les "ni "et les "non" murmurés
Les murs pour toujours renversés
Les serments hélas non tenus
Les numéros que j'ai rayés
Les hyènes que j'ai détestées
Les tests auxquels on s'est livrés
Les livres que je n'ai écrits
Les livres que je n'ai pas lus
Les livres que j'ai tant relus
Les livres que j'ai lus trop tard
Les Tartares qui ont brûlé
Les livres et leur humanité
Les livres que je veux relier
Les livres que je veux relire
Les livres qui me rendent ivre
Les livres que je veux garder
MissYves
Les livres que je n’ai pas écrits, n’allez surtout pas croire, lecteur, qu’ils soient pur néant. Bien au contraire (que cela une bonne fois soit dit) ils sont comme en suspension dans la littérature universelle. Ils existent dans les bibliothèques, par mots, par groupes de mots, par phrases entières dans certains cas. Mais il y a autour d’eux tant de vain remplissage, ils sont pris dans une telle surabondance de matière imprimée, que moi-même à vrai dire, malgré tous mes efforts, n’ai pas encore réussi à les isoler, à les assembler. Le monde en fait me paraît rempli de plagiaires, ce qui fait de mon travail une longue traque, la recherche têtue de tous ces menus fragments inexplicablement dérobés à mes livres futurs.
Marcel Bénabou,Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres, Textes du XXe siècle, Hachette 2006
Du bleu que l'on prend dans ses doigts et qu'on roule...
Je me souviens que le 12 juillet 98, nous campions dans les Charentes-Maritimes , nous avions tenté vainement d'accéder à la salle où trônait la télé , alors nous avions accompagné notre fils-tout jeune - sur le terrain de terrain de jeux; je me souviens que des adolescents et des adultes faisaient la navette et commentaient le match. Je me souviens des maquillages de circonstances, mini drapeaux tricolores sur les joues ou le front des garçons et des filles.Je me souviens de la clameur qui, par trois fois avait retenti dans le camping,nous informant des trois buts marqués par les bleus. Je me souviens que mon fils voulait qu'on lui achète un maillot Addidas, qui coûtait fort cher-j'ai oublié le prix exact - et qu'on lui avait acheté-quand même !- un ballon Je me souviens des gros titres dans les journaux, de la mythification de Zizou et de l'équipe, de la dimension symbolique de l'événement, de la France qui gagne, de l'intégration réussie... Du bleu... ...Du blues
Sois sage, ô ma douleur , et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.//
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main; viens par ici,/
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;/
Le soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce nuit qui marche .//
Baudelaire,
Repris dans les Fleurs du Mal, 1861, posth.1868 90 poèmes classiques contemporains ( Magnard lycée)
Lipogramme en "E", Georges Perec Sois soumis, mon chagrin, puis dans ton coin sois sourd.
Tu la voulais la nuit, la voilà, la voici.
Un air tout obscurci a chu sur nos faubourgs,
Ici portant la paix, là-bas donnant souci
Tandis qu'un vil magma d'humains, oh, trop banals,
Sous l'aiguillon Plaisir, guillotin sans amour,
Va puisant son poison aux puants carnavals,
Mon chagrin, saisis -moi la main; là pour toujours
Loin d'ici. Vois s'offrir sur un balcon d'oubli,
Aux habits pourrissants, nos ans qui sont partis;
Surgir du fond marin un guignon souriant;
Apollon moribond s'assoupir sous un arc
Puis ainsi qu'un drap noir traînant au clair ponant
Ouïs, Amour, ouïs la nuit qui sourd du parc.
"Trois chansons par un fils adoptif du commandant Aupick"in La Disparition, 1965, Ed DenoËl 90 poèmes classiques et contemporains (Magnard lycée)
Pour lire ma version oulipienne de Recueillement avec le retour du"E", cliquez sur la page jointe(Il y a 2 rimes pour l'oeil: v 6/8 ,v.11:13)
Je suis le Voyageur,- le Peul,- le chamelier Le Prince des Touaregs à la marche alanguie
Ma seule Ville est d'ocre,- et son mur lézardé
Porte le Souffle amer de toute Causerie
Sous la pluie du printemps, Toi qui m'as désigné
Rends -moi le Val d'Annan, le désert de Gobi
La pierre qui brillait dans ton sac entoilé
Et la Rose où le Sable à la Marée s'allie
Suis-je roc ou fétu?... marin ou forgeron ?
Mon sort est rouge encor sous l'effet de la haine;
J'ai ramé dans le port où se tisse ma chaîne...
Et j'ai d'un coup de dé trouvé un compagnon
Subissant tour à tour dans un vide damné
Le sourire d'un Guide et le Malheur mort-né
R G de Ner -val d'Annan (Editions Le Tellier ) Photo:Loan Oei et Cécile De kegel, door détail,Chechaouen,Marocco, Unicef)