"Le parcours de Bruno Dufour-Coppolani se construit dans un lent glissement, à la fois sensible et irréversible : des murs aux visages, de la matière brute à la chair exposée, de la surface picturale à la peau, envisagée comme territoire de vérité. Ce basculement trouve son point d’ancrage dans les recherches menées autour des Stèles. C’est dans cet élan que naît la notion de « passion profane » : un chemin de croix séculier, composé de 14 moments peints en écho aux 14 stations traditionnelles, mais transposés dans le quotidien des soins palliatifs, de la vieillesse, de la perte progressive de soi. Pour rendre ce travail possible, l’artiste devient visiteur en EHPAD, engageant son regard et sa pratique dans la réalité concrète du vieillissement. À mesure que les œuvres s’imprègnent de ces rencontres, la peinture quitte les surfaces murales pour rencontrer la chair : celle des corps fragiles, marqués par le temps, dont les visages offrent à l’artiste non pas un motif à reproduire, mais une présence à accueillir. Loin de toute volonté mimétique, il cherche dans l’épiderme l’empreinte d’une humanité nue, d’une vérité palpable.
PEAU, FINITUDE ET VISAGES
À la suite de ces visites en gériatrie, la peau devient le nouveau champ d’expérimentation plastique de l’artiste. Non plus support passif, mais matière vivante, instable, rétive à toute simplification. « Un devenir, pas un donné », selon les mots de l’artiste. Bruno Dufour Coppolani explore alors la surface picturale comme un équivalent sensible de la peau humaine : fragile, poreuse, marquée, vouée à l’usure. Pour lui, la peau n’est pas une apparence, mais une mémoire vivante, un territoire de manifestations : rides, cicatrices, taches, blessures. À travers des protocoles picturaux précis, il cherche à rendre compte de ce que la peau exprime du corps, du temps et de la condition humaine.
Dans ce travail, la peinture se fait geste de présence, un acte de tendresse face au vieillissement, à l’effacement, à la finitude. L’artiste nous invite à poser un regard lent, attentif, sur ce qui d’ordinaire échappe ou dérange."
La peau est un organe extraordinaire on la voit évoluer alors qu'on ne voit pas les organes internes qui eux aussi évoluent en même temps... il ne faut pas se cacher les yeux et faire comme si la vie ne laissait pas de traces sur notre quotidien ! bravo pour ce choix
je retrouve ce poème de René Char : "Brusquement tu te souviens que tu as un visage. Les traits qui en formaient le modelé n’étaient pas tous des traits chagrins, jadis. Vers ce multiple paysage se levaient des êtres doués de bonté. La fatigue n’y charmait pas que des naufrages. La solitude des amants y respirait. Regarde. Ton miroir s’est changé en feu. Insensiblement tu reprends conscience de ton âge (qui avait sauté du calendrier), de ce surcroît d’existence dont tes efforts vont faire un pont. Recule à l’intérieur du miroir. Si tu n’en consumes pas l’austérité du moins la fertilité n’en est pas tarie.
Les griffures de la vie ne sont pas des blessures Mais des chemins tracés Sur le visage du temps. Elles murmurent les rires passés Les larmes devenues calmes Les combats silencieux Que le cœur a su traverser. Chaque ride est une mémoire Un pas de plus vers la lumière Une preuve que l’âme a vécu Sans fuir l’amour ni la peine. Respectons ces marques discrètes Elles sont la beauté vraie Celle qui ne s’efface pas Celle qui marche avec nous. Car la sagesse de l’âge N’élève pas la voix Elle sourit doucement Et apprend à aimer lentement. Bonne et heureuse année 2026 Rose 🌹
Réalité concrète. J'aime beaucoup, sûrement parce que cela reflète mon moi actuel en devenir. Le poème de René Char en est une belle illustration. Un bel hommage je trouve. Je me souviens d'un de tes billets sur cet artiste qui avait peint (ou plutôt fait peindre) les murs des bâtiments en béton le long de toute une rue à St Lô.
Ils sont très impressionnants ces portraits sans concessions, surtout lorsqu'on peut mesurer leur taille. Ils sont malgré tout d'une extrême douceur, et ce l'on peut lire dans leurs yeux doit poursuivre le spectateur pendant longtemps. Merci pour ce partage, la poésie que ces portrait ont inspirée est, elle aussi, très prenante.
La peau est un organe extraordinaire on la voit évoluer alors qu'on ne voit pas les organes internes qui eux aussi évoluent en même temps...
RépondreSupprimeril ne faut pas se cacher les yeux et faire comme si la vie ne laissait pas de traces sur notre quotidien !
bravo pour ce choix
Ce que tu écris est très juste.
Supprimermissyves
je retrouve ce poème de René Char :
RépondreSupprimer"Brusquement tu te souviens que tu as un visage.
Les traits qui en formaient le modelé n’étaient pas tous des traits chagrins, jadis.
Vers ce multiple paysage se levaient des êtres doués de bonté.
La fatigue n’y charmait pas que des naufrages.
La solitude des amants y respirait.
Regarde.
Ton miroir s’est changé en feu.
Insensiblement tu reprends conscience de ton âge (qui avait sauté du calendrier), de ce surcroît d’existence dont tes efforts vont faire un pont.
Recule à l’intérieur du miroir.
Si tu n’en consumes pas l’austérité du moins la fertilité n’en est pas tarie.
Feuillets d’Hypnos
Merci, Josette pour ce sublime poème.
SupprimerQu'ils sont beaux ces vieux visages !
RépondreSupprimerBises Miss Yves...
Je reviendrai pour lire ta page, demain...
Béa kimcat
Oui, ils sont beaux , d’une beauté authentique.
SupprimerEn eux-mêmes et par le regard du peintre.
MissYves
ces deux portraits sont saississants
RépondreSupprimeron se croirait prés de vraies personnes
belle trouvaille
meilleurs voeux pour vous Missyves
bon mois de janvier
Ils semblent nous regarder, c’est ce que voulait d’ailleurs exprimer l’artiste.
SupprimerMiss Yves
Les griffures de la vie
RépondreSupprimerne sont pas des blessures
Mais des chemins tracés
Sur le visage du temps.
Elles murmurent les rires passés
Les larmes devenues calmes
Les combats silencieux
Que le cœur a su traverser.
Chaque ride est une mémoire
Un pas de plus vers la lumière
Une preuve que l’âme a vécu
Sans fuir l’amour ni la peine.
Respectons ces marques discrètes
Elles sont la beauté vraie
Celle qui ne s’efface pas
Celle qui marche avec nous.
Car la sagesse de l’âge
N’élève pas la voix
Elle sourit doucement
Et apprend à aimer lentement.
Bonne et heureuse année 2026
Rose 🌹
Merci pour tes vœux et pour ce cadeau qu’est ce magnifique poème.
SupprimerMiss yves
Coucou vMis Yves
RépondreSupprimerDeux portraits magnifique magnifiques qu je découvre. C'est franchement intéressant ressat.
Merci et bon samedi. Zaza
Pour le deuxième semaine de janvier, étant familière de cette œuvre, ce choix s’est imposé à moi.
SupprimerMissyves
Réalité concrète. J'aime beaucoup, sûrement parce que cela reflète mon moi actuel en devenir. Le poème de René Char en est une belle illustration. Un bel hommage je trouve.
RépondreSupprimerJe me souviens d'un de tes billets sur cet artiste qui avait peint (ou plutôt fait peindre) les murs des bâtiments en béton le long de toute une rue à St Lô.
Bonsoir Therêse, oui, j’ai mis un lien vers le reportage concernant la colorisation des façades.
SupprimerMissYves
Ils sont très impressionnants ces portraits sans concessions, surtout lorsqu'on peut mesurer leur taille. Ils sont malgré tout d'une extrême douceur, et ce l'on peut lire dans leurs yeux doit poursuivre le spectateur pendant longtemps. Merci pour ce partage, la poésie que ces portrait ont inspirée est, elle aussi, très prenante.
RépondreSupprimerTrès belle poésie,
SupprimerMiss Yves