samedi 23 février 2013
Suite de limericks semés au loin
Limerick 13
Voilà que sort de sa coqille
Un bernard-l'hermite qui frétille.
l'écho marseillais applaudit:
Son champion n'est plus au tapis!
Est-ce un pavé d'ours sans coquille ?
Miss Yves
vendredi 22 février 2013
Autres limericks semés au loin
5
Miss Harlem à Honolulu
Voulait protéger sa vertu:
Les paparazzi , en légion,
La mitraillaient sous son balcon.
Miss Harlem est portée au nu.
6
La musaraigne au nez pointu
Voulait protéger sa vertu,
Car tous les hamsters sans façon,
Voulaient jouer au cotillon.
Muse et reine sans rime en U.
7
Un castor célèbre à Paris
S'est édifié , sans vis-à-vis
Une tour , où un campagnol
Récitait Au Château d'Argol
Devant des canards ébaubis.
8
Un jour, un jars à Coulomniers
Révolutionna l'atelier
Où s'entremêlaient les pinceaux
De Picasso et les chapeaux
Des oies blanches de Coulomniers .
Miss Yves
jeudi 21 février 2013
Limericks semés au loin
1
C'est un footballeur de Warwick
Qui n'avait pas l'esprit d'équipe
Se rengorgeant sous la ola.
On a perdu, oui mais voilà
Ses supporters lui font la nique.
2
J'ai connu une dame au Touquet
A cheval sur le prix du bouquet.
Croisant un requin en espadrilles
Elle l'entortille dans sa mantille
La belle dame a du toupet.
3
Cette souris de Cavalaire
Se vantait de son savoir-faire:
Escamoter des massepains,
Chahuter des dominicains.
Elle se rit de Cavalaire.
A cheval sur le prix du bouquet.
Croisant un requin en espadrilles
Elle l'entortille dans sa mantille
La belle dame a du toupet.
3
Cette souris de Cavalaire
Se vantait de son savoir-faire:
Escamoter des massepains,
Chahuter des dominicains.
Elle se rit de Cavalaire.
4
Coup de foudre incroyable, unique
Dans les annales ecclésiastiques:
Est-ce clément, est-ce benoît
De mettre Saint-Pierre en émoi
Le Vingt-huit? Apocalyptique!
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Miss Yves
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Miss Yves
mardi 12 février 2013
Cachet
Cacher
Contre son temps, et, eût-il été du nôtre, contre ce qui cache l'essence de l' individu dans une quelconque équipe, Jules
Amédée Barbey d'Aurevilly cultivait un unique objectif: se protéger du vulgaire.
Ciselée comme dans l'atelier d'un orfèvre , son écriture flamboie en un exubérant bouquet de fleurs diaboliques,
Horrifiques.
Et pourtant, plus que le savoir-faire de l'écrivain, voilà ce qui ébranle le lecteur: la révélation de ce que voudrait cacher l'âme humaine, le coup de foudre
Terrible qui nous ravit , nous foudroie , le vis-à vis monstrueux, comme au dénouement du
Cachet d'Onyx
Cachet d'Onyx
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atelier, bouquet, cachet, coup de foudre, équipe, protéger, savoir-faire, unique, vis-à-vis, voilà"
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jeudi 3 janvier 2013
C’est surtout les soirs d'insomnie

Dodo adora
C’est surtout les soirs d'insomnie - même si je me suis couchée de bonne heure- que je me livre le plus volontiers à cette sorte d’exercice oulipien .Malheureusement, mes poèmes ne se scandent guère plus qu'en hendécasyllabes , et quelquefois même, seulement en pentamètres. En termes de lecture , leur longueur est comprise entre celle d'un sonnet (14 vers) et d'une ballade de 35 vers. Tout se mélange avec rapidité, comme dans un centon , et d’authentiques créations se mettent à échapper à mon contrôle comme dans les séances d'écriture automatique des Surréalistes.
Le plus souvent, découragée, je me désintéresse de ces créations trop volatiles et je pense à autre chose: à compter des moutons de Panurge , par exemple ou à faire des listes de prénoms commençant par une lettre donnée. D’autres fois, je m’accroche, je m’efforce de les remanier et j’utilise les sonorités d’un poème en pleine évanescence pour en fabriquer hâtivement un autre- selon la méthode S+7- qui ne tiendra d’ailleurs pas plus longtemps, dans l'horreur d'une profonde nuit.
Au réveil, il était midi.
François Danletexte Poèmes à Dormir debout - L’Échappatoire, 1999.
(Miss Yves)
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Point de Départ:
Zazie Mode d’Emploi
vous invite à triturer, malaxer, détourner, frelater, métamorphoser, calligraphier, traduire, remanier, mettre en musique, travestir ou bandedessiner cet extrait de La Peinture à Dora de François Le Lionnais, dont on fêtera à Lille les 111 ans en 2013.
Résumé en un « tweet » (140 caractères) des circonstances du texte : Durant les longs appels à Dora, FLL, prisonnier, pratique la peinture mentale, copiant des chefs-d’œuvre ou créant des tableaux imaginaires.
C’est surtout le soir que je me livre le plus volontiers à cette sorte d’exercice. Malheureusement, mes tableaux ne durent généralement pas plus de quelques minutes, quelquefois même quelques secondes. En termes de radio-activité, leurs « périodes » sont comprises entre celles du Thorium A (0,14 seconde) et du Radium C (3 minutes). Tout se défait avec rapidité, comme les dessins de la pluie sur une vitre, et d’authentiques chefs-d’œuvre se mettent à couler comme des camemberts. Le plus souvent, découragé, je me désintéresse de ces créations trop liquides et je pense à autre chose. D’autres fois, je m’accroche, je m’efforce de les remanier et j’utilise les débris d’un tableau en pleine déliquescence pour en fabriquer hâtivement un autre, qui ne durera d’ailleurs pas plus longtemps.
François Le Lionnais, La Peinture à Dora - L’Échoppe, 1999.
François Le Lionnais, La Peinture à Dora - L’Échoppe, 1999.
La vie en peinture
La vie en peinture
J'ai longtemps habité sous de vastes portiquesQue les seuls miradors teignaient de mille feux,Et que leurs grands piliers, écorchés et hideux,Rendaient pareils, le soir, à des corps squelettiques.Les foules, en croulant sous la rage des Schleus,
Mêlaient d'une façon grotesque et pathétique
Les tout-puissants accords des bourreaux en musique
Aux couleurs des tableaux reflétés par mes yeux.
C'est là que j'ai vécu dans les cruautés calmes,Au milieu du Radium, du vague, des vapeursEt des esclaves nus, empreints de puanteurs,Qui couronnaient le front du peintre avec des palmes,Dans l'unique souci pour moi d'approfondirLes essais douloureux qui me faisaient tenir.
La vie à Dora, Charles Le Lionnais.
Les Pleurs du Mal
(Miss Yves)
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La vie antérieure,
Baudelaire.Les Fleurs du Mal
J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu d l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.
Baudelaire.Les Fleurs du Mal
Résumé en un « tweet » (140 caractères) des circonstances du texte : Durant les longs appels à Dora, FLL, prisonnier, pratique la peinture mentale, copiant des chefs-d’œuvre ou créant des tableaux imaginaires.
C’est surtout le soir que je me livre le plus volontiers à cette sorte d’exercice. Malheureusement, mes tableaux ne durent généralement pas plus de quelques minutes, quelquefois même quelques secondes. En termes de radio-activité, leurs « périodes » sont comprises entre celles du Thorium A (0,14 seconde) et du Radium C (3 minutes). Tout se défait avec rapidité, comme les dessins de la pluie sur une vitre, et d’authentiques chefs-d’œuvre se mettent à couler comme des camemberts. Le plus souvent, découragé, je me désintéresse de ces créations trop liquides et je pense à autre chose. D’autres fois, je m’accroche, je m’efforce de les remanier et j’utilise les débris d’un tableau en pleine déliquescence pour en fabriquer hâtivement un autre, qui ne durera d’ailleurs pas plus longtemps.
François Le Lionnais, La Peinture à Dora - L’Échoppe, 1999.
François Le Lionnais, La Peinture à Dora - L’Échoppe, 1999.
dimanche 30 décembre 2012
Dali à Dora

C’est surtout le soir que je me livre le plus volontiers à cette méthode paranoïaque-critique . Malheureusement, mes tableaux ne durent généralement pas plus de quelques minutes, quelquefois une seconde avant l'éveil d'un rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une grenade. En termes de radio-activité, leurs « périodes » sont comprises entre celles de Galacidalaciesoxyribonucleicacid et de La leda atomica. Tout se consume avec rapidité, comme la Girafe en feu et d’authentiques chefs-d’œuvre se mettent à couler comme des montres molles ou des constructions molles aux haricots. Le plus souvent, découragé, je me désintéresse de ces créations aussi liquides que l'élément aquatique de Port Alguer et je pense à l'Angélus architectonique de Millet. D’autres fois, je m’accroche aux tiroirs de la Vénus de Milo, je m’efforce de les remanier selon la Persistance de la mémoire et j’utilise les débris d’un tableau en pleine déliquescence pour fabriquer hâtivement un Téléphone - homard ou un âne pourri qui ne durera d’ailleurs pas plus longtemps que le Torero hallucinogène.
Dali Le Lionnais, Avida Dora - Le guichet de la gare de Perpignan, 1999.
http://www.salvador-dali.org/dali/fr_biografia.html
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Texte-source
C’est surtout le soir que je me livre le plus volontiers à cette sorte d’exercice. Malheureusement, mes tableaux ne durent généralement pas plus de quelques minutes, quelquefois même quelques secondes. En termes de radio-activité, leurs « périodes » sont comprises entre celles du Thorium A (0,14 seconde) et du Radium C (3 minutes). Tout se défait avec rapidité, comme les dessins de la pluie sur une vitre, et d’authentiques chefs-d’œuvre se mettent à couler comme des camemberts. Le plus souvent, découragé, je me désintéresse de ces créations trop liquides et je pense à autre chose. D’autres fois, je m’accroche, je m’efforce de les remanier et j’utilise les débris d’un tableau en pleine déliquescence pour en fabriquer hâtivement un autre, qui ne durera d’ailleurs pas plus longtemps.
François Le Lionnais, La Peinture à Dora - L’Échoppe, 1999.
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