vendredi 17 juillet 2026

Un thème un tableau: l'art du portrait (1)



Rédigé par Fardoise et publié depuis Overblog

Et oui, j'ai choisi d'oublier un peu cette canicule qui nous confine à l'intérieur, et de vous permettre d'aller du côté de l'histoire de la peinture avec l'art du portrait.

La légende veut que l'origine du portrait en peinture soit due à Pline l'Ancien qui relate l'histoire de la fille de Dibutade, un potier de Corinthe, qui aurait repassé les contours de l’ombre que faisait son amant sur le mur, pour en conserver une trace après son départ.

L'origine de la peinture, ou Dibutade dessinant le portrait de son amant - 1785 Regnault, Jean Baptiste École de France - Louvre

Longtemps les portraits ont été peints de profil, comme sur les monnaies, mais ce qui prédominait c'était la recherche de " ressemblance exactement saisie et vérifiable". Jusqu'à ce que Hegel dans son "Esthétique" déclare ces « portraits ressemblants jusqu'à l’écœurement » et impose l'idéalisme allemand.   L'Art du Portrait – Norbert Schneider – Editions Taschen 2002

Et si nous nous amusions à rechercher ces portraits ressemblants, et souvent peu flatteurs ?

Mais vous pouvez choisir les portraits que vous aimez. 

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J'ai choisi le tableau de Goya, Les Vieilles (Les Vieilles ou Le Temps , vers 1808-1812) 

Mon choix a été rapide, car la reproduction de ce tableau figurait sur la couverture de La Dame de Pique de Pouchkine ( Livre de Poche), lu adolescente. Or, la nouvelle et le tableau m'avaient  impressionnée.

Mais le choix de ce duo caricatural, cauchemardesque suit-il vraiment la consigne? (1)

Ne serait-ce pas plutôt le portrait de la reine d'Espagne (2) qui incarnerait une "ressemblance jusqu'à l'écoeurement". Cependant, quelle est la part du réalisme et de la satire, chez le peintre ?



"De la ressemblance jusqu'à l'écoeurement ".

Par Francisco Goya, Les Vieilles-ou Le Temps-

Que Tal? Comment ça va? Ironise Goya.

 

Il a peint  une vieille en  robe de gala,

Décharnée, cherchant dans un miroir ses appas,

Blonde et laide; mais non moins laide est l'autre vieille

Brune,  penchée vers elle, tandis que les surveille

Un vieil homme ailé, anticipant leur trépas.


Vanité des vanités: Chronos les menace.

Le Temps, armé d'un balai, ne fait jamais grâce

Aux belles de jadis; leurs quenottes, il les rogne;

Et leur  joli minois, il en fait une trogne.


Au-delà des traits de ces vieilles horrifiques,

El Sordo sous-entend une idée politique,

De son pinceau trempé dans l'encre satirique.


Implanté dans les cheveux de la femme en blanc

Un joyau royal, une flèche de diamants

Oriente vers Marie-Louise de Bourbon Parme

Et vers la monarchie,  régime vacillant.


C'était un portrait peint en l'année dix-huit cents:

Gauche, nez crochu,  pieds en canard, bras ballants, 

Modèle peu flatté, l'antithèse du  charme !


Miss Yves




Francisco de Goya, Portrait de la Reine d’Espagne Marie-Louise de Bourbon Parme, 19e siècle

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